BIO

Je mets le corps en circulation.
Je traverse.
Là où ça tient plus.


Du mécanique à l’organique, de la vitesse au souffle, Élodie Lachaud explore le mouvement comme un champ vivant de perception.

Artiste visuelle, elle développe une pratique transversale entre photographie, performance et cinéma, où l’expérience physique du monde devient un dispositif de création. Son travail naît du déplacement, des rencontres et de l’attention portée aux flux qui traversent les corps, les villes et les paysages.

Avec Chromobiles / Taxis NY, série emblématique réalisée dans les taxis new-yorkais, elle transforme le véhicule en observatoire mobile, révélant les multiples strates de la mosaïque sociale et culturelle de la ville. À travers vitres et reflets apparaissent des fragments d’humanité, de voyage et de temps.

Cette exploration se prolonge dans Tricolarum, film tourné dans les taxis parisiens, où les conversations avec les chauffeurs font émerger des récits de vie au cœur du mouvement urbain. Le temps d’une course, elle capte des paroles brutes autour de l’amour, du voyage et des liens familiaux.

Progressivement, son travail quitte la ville pour se déplacer vers les paysages et les formes de vie qui les habitent. Photographie, vidéo et performance deviennent des espaces d’expérience, où le corps engage, capte, traverse — surface d’échange et point d’ancrage.

Ses résidences internationales, notamment à Taïwan et en Guinée équatoriale, ouvrent un champ de recherche autour de la transmission, de la résilience et des récits féminins liés au vivant.

À Taïwan, dans les quartiers populaires de Tainan, elle observe les gestes du quotidien et les configurations familiales. Elle saisit le mouvement des vêtements suspendus — véritables drapeaux domestiques — dans leur dialogue avec l’architecture urbaine.

À Malabo, en Guinée équatoriale, elle poursuit une recherche visuelle — photographie et vidéo — autour de figures féminines engagées dans la sauvegarde du vivant. Là, la biodiversité devient un espace de résistance, un terrain où s’invente une liberté.

En Brenne, elle questionne la place des femmes dans l’imaginaire collectif. Elle initie des rencontres improvisées, laissant surgir les récits, et en tisse une forme poétique dans le paysage rural.

En 2025, elle publie Jusqu’ici blonde aux Éditions Performatives, récit artistique et autobiographique retraçant dix années de création.

I set the body in motion.
I pass through.
Where it no longer holds.

From the mechanical to the organic, from speed to breath, Élodie Lachaud explores movement as a living field of perception.

A visual artist working across photography, performance and cinema, she develops a transversal practice in which the physical experience of the world becomes a creative device. Her work emerges from displacement, encounters and a constant attention to the flows that pass through bodies, cities and landscapes.

With Chromobiles / Taxis NY, an emblematic series photographed inside New York taxis, she transforms the vehicle into a mobile observatory, revealing the multiple layers of the city’s social and cultural mosaic. Through windows and reflections, fragments of humanity, travel and time appear.

This exploration continues in Tricolarum, a film shot in Paris taxis, where conversations with drivers bring forth life stories at the heart of urban movement. Over the course of a ride, she captures sensitive voices around love, travel and family ties.

Gradually, her work leaves the city to move toward landscapes and the forms of life that inhabit them. Photography, film and performance become spaces of experience, where the body engages, captures, moves through — a surface of exchange and a point of anchoring.

Her international residencies, notably in Taiwan and Equatorial Guinea, open a field of research around transmission, resilience and women’s narratives connected to the living world.

In Taiwan, in the popular neighborhoods of Tainan, she observes everyday gestures and family configurations. She captures the movement of hanging clothes — true domestic flags — in dialogue with urban architecture.


In Malabo, Equatorial Guinea, she continues a visual research — photography and video — around female figures engaged in safeguarding the living world. There, biodiversity becomes a space of resistance, a terrain where freedom is reinvented.

In Brenne, she questions the place of women in the collective imagination. She initiates spontaneous encounters, lets stories emerge, and weaves them into a poetic form within the rural landscape.

In 2025, she publishes So Far Blonde (Jusqu’ici blonde) with Éditions Performatives, an artistic and autobiographical narrative retracing ten years of creation.

Mon père vend des voitures Tous les 15 jours il passe me chercher au volant d’un nouveau cabriolet Je lui demande de stationner et de m’attendre à 50 mètres du lycée
À chaque vacance nous traversons la France à 200 km/h sur l’autoroute du soleil pour aller livrer les bolides À la station Fina, près de Montélimar, toujours la même phrase c’est offert par la maison 

1982 J’ai 18 ans Je viens d’acheter ma première voiture une Fiat 126 blanche Je rentre aux Beaux-arts J’ai une pile de contraventions Je dévore tout le cinéma italien Italo américain et un garçon d’origine sicilienne

1988 Départ pour Londres Photographie à Chelsea Art School 1h30 de trajet j’achète un Walkman et un Nikon Le rock anglais sature tous mes trajets Black cab Rencontre avec une vraie guerrière Tiens le bien

1990 J’habite dans ma voiture une Renault 5 bleue Sans domicile fixe Mes sacs de vêtements dans le coffre je suis libre J’aime un homme petit sexy Je peins la nuit dans le théâtre de la Villette je peins du bleu du bleu nuit Première expo solo dans une galerie du Marais Je surfe dans Paris sans compte à rendre Souvent je pars à l’étranger photographier les chanteurs pop et travaille pour plusieurs agences de presse Nomade  c’est le titre de ma première pochette de disque pour Guesch Patti Très vite j’achète une caméra super 8 sonore Evasions musicales Itinéraire céleste et compilation insolite Passagère Je tourne Je peins $3.70 $4.00 Suivre le fil/ l’amour les nuages de Caracas 

1994 Le temps s’est écoulé j’ai une Panda rose indien que j’ai acheté au rabais la seule et unique dans Paris Je viens d’obtenir un atelier trop grand trop fixe et passe mes journées dans ma voiture Elle a le toit ouvrant Je suis passée à la réalisation de vidéos clip J’imagine le découpage des films en roulant sur les quais et dessine en rentrant les story-boards au milieu de mon atelier Le sol devient vite une œuvre d’art Pour le meubler j’accroche mes robes sur les murs Je rencontre un homme sicilien J’invente je construis je le filme

1999 Immobilité pendant plus d’un an Piscine et voyage en taxi oblige New York New York Le compteur tourne

2001 Chromobiles NY J’ai une Twingo noire avec un siège enfant et une carte résident Je ne sais jamais où je l’ai garée la veille Je la cherche toujours et transporte mes photos de taxis dans le coffre L’atelier est trop plein j’accumule et entasse mes robes dans les placards du haut Inventaire Récapitulation On ne veut pas de mes textes juste les photos comme objets d’art/ consommation

2004 Intervalle J’ai un 4×4 de location dans la tempête près des elfes en méditation sur la N1 Iceland nouvelle série photographique

2006 De l’air du vide du plein J’abandonne mes robes dans l’Yonne

2008 Ma voiture est HS Je repars à New York pour voir Yellow cab

2009 J’hérite d’une vieille Merco avec intérieur cuir rouge Expo grand format, Jacob I miss you  Livre La robe de Davide n’existe pas

2011 J’ai l’appli « find my car » et l’appli GPS Je filme dans les taxis parisiens avec mon 5D Où allez-vous  Tricolarum Taxis Paris

2012 Ettore achète mon dernier tableau bleu qui s’échappe à Rome Je rêve d’une cinquecento

2014 Trois ans ont passé je viens d’achever le montage de mon film sur les hommes qui conduisent Les taxis c’est fini/ Je parle avec les vaches

2015 Perdue dans un parking sauvage j’attends le Miracle à Sidi al Mokhtar il se produit à Essaouira Pour la première fois je me filme et réalise une série d’autoportraits vidéos/

2016 Lui moi nous d’eux respiration mentale En matière d’oscillation les cheveux dans le vent

2018 Je m’envole pour Taiwan Artist-in-residency I really need a bubble tea Les temps changent je prends le bus

2020 En confinement je vais exploser Only 5 je marche 1 km à la ronde Institut français de Malabo Guinée Équatoriale de l’air du vert découverte de l’île en voiture diplomatique Reconnection avec les éléments Perchée sur un bloc de ventilation le souffle court sur la Dalle des Olympiades

2021 Toujours en couvre-feu je m’échappe sur les plages de Normandie Weloveyou récit collectif acte de résistance

2022 Nouvelle résidence à l’Institut français de Malabo la voix des femmes l’arbre de vie le chant des oiseaux la douce sensibilité des plantes

2023 Je relis les nouvelles de Buzzati Ma Merco est en resistance Papa m’a donné un polaroid 1500 et 1 cassette audio 8 pistes des Beatles Let it be

2024 J’écris je rassemble j’ai une nouvelle Merco seconde main intérieur cuir beige et toit panoramique, je préférais l’ancienne mais celle ci me connecte au ciel

2025 Sortie intime du livre Jusqu’ici blonde j’ai plein de projets, le temps me touche

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